Faire du plus grand gisement de fer au monde autre chose qu’une simple mine : c’est le message porte par les dirigeants de Rio Tinto SimFer lors de leur troisieme rencontre trimestrielle avec la presse, tenue le jeudi 6 aout 2026. Au fil des echanges, une priorite est revenue plus souvent que les autres, celle de la formation des Guineens.
La conference etait animee par Chris Aitchison, directeur general de SimFer, accompagne d’Aboubacar Koulibaly, directeur de Rio Tinto Guinee, et de Mqoqueleli « Kox » Gomba, directeur des operations du projet. Les responsables ont fait le point sur l’avancement des travaux et repondu aux interrogations sur les benefices attendus pour le pays. Plusieurs themes ont ete abordes : les effets economiques, les marches ouverts aux societes guineennes, l’effort de formation, les normes internationales appliquees par le groupe et l’horizon a long terme de l’exploitation.
Un capital humain presente comme la retombee centrale
Pour Aboubacar Koulibaly, Simandou depasse le cadre d’une activite miniere. Il y voit une occasion de transformer l’economie du pays par trois canaux : les recettes de l’Etat, le developpement du tissu economique national et la formation des travailleurs.
Le directeur a rappele que le projet reunit deux exploitations, celle conduite par SimFer et celle menee par le consortium Winning, dont la contribution combinee aux finances publiques sera, selon lui, considerable. Il a egalement evoque les milliards de dollars diriges vers des entreprises detenues par des Guineens au titre du contenu local, un flux appele a soutenir leur croissance et la creation d’emplois.
Mais c’est sur la question des competences qu’il a le plus insiste :
« Mais l’heritage le plus important reste, selon moi, le capital humain. Il s’agit d’investir aujourd’hui afin que nos enfants et nos petits-enfants disposent des competences necessaires pour devenir les leaders du secteur minier de demain. »
Le responsable a cite en exemple le parcours de ses collegues : Chris Aitchison est Australien, Kox Gomba est Sud-Africain, tous deux ayant bati une carriere internationale. L’objectif, a-t-il explique, est qu’un jour des Guineens suivent le meme itineraire, se forment au sein de Rio Tinto, dirigent SimFer et les operations de Simandou, puis diffusent leur expertise ailleurs dans le monde.
Un transfert de normes presente comme immateriel mais decisif
Aboubacar Koulibaly a place au meme rang que la formation le transfert des standards internationaux en matiere de gouvernance, d’environnement et d’integrite. Rio Tinto etant cotee sur plusieurs grandes places boursieres, le groupe se dit soumis a des exigences elevees de transparence qu’il souhaite transmettre a ses partenaires guineens.
« Cet heritage est certes immateriel, mais il est fondamental. Il permettra d’accompagner le secteur prive guineen vers les meilleures pratiques en matiere d’integrite, de transparence et de gouvernance d’entreprise », a declare le directeur de Rio Tinto Guinee.
Selon lui, cette culture doit rendre les entreprises nationales plus credibles et plus competitives sur les marches internationaux, et il a rappele que le gouvernement veille au respect des standards prevus dans les accords.
Une duree de vie annoncee bien au-dela de trente ans
Les dirigeants ont enfin aborde l’horizon de la mine. Les reserves actuellement identifiees sont evaluees a environ 1,5 milliard de tonnes, base sur laquelle repose le plan d’exploitation en vigueur. D’autres zones de la concession, dont le secteur du Pic de Fon, doivent faire l’objet de nouvelles campagnes de prospection susceptibles d’accroitre ces volumes.
Koulibaly a precise que l’ensemble des installations est dimensionne pour un objectif d’exportation atteignant annuellement soixante millions de tonnes de fer. Combinees aux travaux d’exploration en cours et aux extensions envisagees avec le gouvernement, ces perspectives devraient, selon ses projections, porter la duree de vie de la mine bien au-dela des trente ans initialement prevus.
A travers cette rencontre, Rio Tinto SimFer a reaffirme son intention de faire de Simandou un moteur de developpement national, appuye sur les competences locales, l’essor des entreprises guineennes et le respect des normes internationales.