Mines & ressources naturelles

Simandou : SimFer a expédié 2,2 millions de tonnes au premier semestre, cap maintenu sur 60 Mt/an

Illustration éditoriale — rubrique Mines

Le projet de Simandou franchit une nouvelle étape dans sa transition de la construction vers l’exploitation. Réunis le jeudi 6 août 2026 pour la troisième rencontre de l’année avec les médias, les responsables de SimFer, filiale de Rio Tinto, ont fait le point sur des chantiers désormais largement engagés et sur des expéditions de minerai de fer en hausse vers la Chine. La direction a réaffirmé viser une capacité annuelle de 60 millions de tonnes, avec une pleine production attendue au second semestre 2028.

Des expéditions en montée progressive

Le directeur général de SimFer, Chris Aitchison, a ouvert la séance par un bilan du deuxième trimestre 2026. Sur cette période, l’entreprise a acheminé 1,6 million de tonnes de minerai vers la Chine, ce qui porte le total des expéditions du premier semestre à 2,2 millions de tonnes. Les livraisons aux clients chinois se poursuivent, avec un minerai dont la teneur moyenne en fer atteint 65,8 %.

Côté extraction, le deuxième trimestre a permis de produire 700 000 tonnes, soit une production cumulée de 1,2 million de tonnes pour la première moitié de l’année. « Au cours des derniers mois, nous avons maintenu une forte dynamique sur l’ensemble du projet, avec une montée en puissance progressive des opérations », a déclaré Chris Aitchison.

Des chantiers aux trois quarts réalisés

Le dirigeant a ensuite passé en revue l’état des infrastructures. La mine SimFer affiche un taux d’avancement d’environ 77 %, tandis que le port atteint quelque 85 %. Les travaux de terrassement et la construction des installations permanentes continuent, plusieurs infrastructures essentielles approchant de leur achèvement.

Le volet ferroviaire, quant à lui, a atteint sa mise en service complète au premier trimestre. L’élargissement progressif de la flotte de locomotives doit accompagner la montée en cadence des opérations. Deux échéances restent inscrites au calendrier : la mise en service du concasseur primaire, toujours prévue au quatrième trimestre 2026, et celle du port, attendue au premier trimestre 2027. Sur ce dernier point, la fabrication et l’assemblage des navires de transbordement se poursuivent, tout comme les opérations préparatoires au démarrage.

Emploi local et actions communautaires

Au-delà de l’industrie, SimFer a mis en avant ses investissements en Guinée. Le trimestre a été marqué par le baptême du premier navire de transbordement et l’ouverture d’un Centre d’inclusion numérique à Beyla. L’entreprise indique avoir soutenu l’aménagement de 40 hectares de périmètres maraîchers répartis sur 25 villages et formé 360 jeunes diplômés aux techniques de montage de projets et de mobilisation des ressources. Le recrutement de la deuxième cohorte d’apprentis a par ailleurs été finalisé, avec une parité affichée : la moitié des recrues sont des femmes.

Sur le plan de l’emploi, la direction chiffre à 19 460 le nombre de personnes mobilisées sur les activités minières, ferroviaires et portuaires, dont 76 % de Guinéens. « Ces résultats illustrent notre engagement en faveur de l’emploi local, du renforcement des compétences nationales et du développement du capital humain guinéen », a souligné Chris Aitchison, avant de résumer l’ambition d’ensemble : atteindre les 60 millions de tonnes par an, avec une pleine production au second semestre 2028.

Un nouveau directeur des opérations

La conférence a aussi été l’occasion de présenter Mqokeleli Gomba, surnommé Kox, nouveau directeur des opérations de SimFer. Arrivé sur le projet en mai 2026, il est chargé de la préparation opérationnelle et de la conduite des activités minières à mesure que le projet bascule vers l’exploitation. Fort de plus de vingt années d’expérience dans le secteur minier et des ressources naturelles, notamment au sein de Rio Tinto, il occupait auparavant le poste de directeur des opérations de Richards Bay Minerals en Afrique du Sud.