Réunis face à la presse jeudi à Conakry, les responsables de Rio Tinto SimFer ont livré une série de chiffres destinés à mesurer la distance qui sépare le projet Simandou de son objectif final. Le directeur général de SimFer S.A., Chris Aitchison, le directeur pays de Rio Tinto, Aboubacar Koulibaly, et le nouveau directeur des opérations ont présenté l’avancement des trois grands volets du projet — mine, chemin de fer et port — ainsi que les retombées attendues pour la Guinée.
Un projet qui bascule vers l’exploitation
Selon Chris Aitchison, le chantier franchit progressivement l’étape qui sépare la construction de l’exploitation, en respectant le calendrier fixé. La partie ferroviaire est, elle, entièrement opérationnelle depuis le premier trimestre. La mine SimFer et les installations portuaires ont, quant à elles, dépassé les trois quarts de leur réalisation.
Le directeur général a détaillé ces taux d’avancement : environ 77 % pour la mine, 85 % pour les infrastructures portuaires. Deux échéances techniques ont été rappelées : le concasseur primaire doit entrer en service au quatrième trimestre 2026, tandis que le port de SimFer reste attendu pour le premier trimestre 2027.
Premiers volumes vers la Chine
Sur le plan opérationnel, l’entreprise a communiqué son bilan du premier semestre 2026. Elle a expédié 2,2 millions de tonnes de minerai de fer, dont 1,6 million au cours du seul deuxième trimestre, à destination principalement de la Chine. La teneur moyenne des premières cargaisons s’établit à 65,8 % de fer, un niveau que Chris Aitchison a présenté comme la confirmation de « la qualité exceptionnelle du minerai de Simandou ».
Côté production, SimFer indique avoir extrait 1,2 million de tonnes sur le semestre, dont 700 000 tonnes entre avril et juin, à mesure que les opérations montent en régime.
Ces volumes restent modestes au regard de la cible affichée. Le projet vise en effet une capacité de production de 60 millions de tonnes de minerai par an, la pleine production étant annoncée pour le second semestre 2028. L’écart entre les tonnages actuels et cet objectif situe le stade encore initial de la montée en puissance.
Emploi et actions locales
Au-delà des indicateurs industriels, les dirigeants ont mis en avant les effets sociaux du projet. Au cours du trimestre écoulé, SimFer a inauguré un Centre d’inclusion numérique à Beyla, appuyé l’aménagement de 40 hectares de périmètres maraîchers répartis dans 25 villages et formé 360 jeunes diplômés au montage de projets. Une deuxième promotion d’apprentis, composée pour moitié de femmes, a également été recrutée.
Les activités minières, ferroviaires et portuaires emploient désormais 19 460 personnes, dont 76 % de Guinéens. « Ces résultats illustrent notre engagement en faveur de l’emploi local, du renforcement des compétences nationales et du développement du capital humain guinéen », a déclaré Chris Aitchison, qui a également présenté le nouveau directeur des opérations, Gomba, arrivé en mai 2026. Ce dernier compte plus de vingt années d’expérience dans le secteur minier, notamment chez Rio Tinto en Afrique du Sud, et sera chargé de piloter la préparation opérationnelle et la montée en puissance de l’activité.
« Une opportunité unique »
Aboubacar Koulibaly a insisté sur la portée du projet pour l’économie du pays. Il a rappelé que les gisements exploités par SimFer et par le Winning consortium alimenteront les recettes de l’État. « Cela va être une opportunité unique pour transformer le pays en termes de ressources publiques qui seront générées par les deux mines », a-t-il souligné.
Le directeur pays a aussi mis en avant les débouchés créés pour le tissu économique national à travers les obligations de contenu local, évoquant plusieurs milliards de dollars destinés à des entreprises guinéennes, susceptibles selon lui d’embaucher davantage et de générer plus de richesses.
Il a enfin défendu l’idée que l’héritage le plus durable du projet résiderait dans la formation des cadres nationaux et dans la diffusion de standards de gouvernance, de transparence et de performance environnementale. « Notre objectif est de voir demain des Guinéens devenir des dirigeants comme Chris ou Kox, gérer Simandou puis exporter leur expertise à l’international. C’est cela le véritable héritage », a-t-il affirmé.