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La CNPS veut étendre la protection sociale au secteur informel et lancer la couverture maladie universelle

Illustration éditoriale — rubrique Gouvernance

Un système de prévoyance sociale conçu pour les seuls agents publics peine à répondre à un marché du travail où la majorité des actifs échappe au cadre formel. C’est ce constat qui structure le portefeuille de réformes dévoilé lundi 10 août 2026 par la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), lors d’une cérémonie de présentation de ses programmes et projets.

Sa directrice générale, la Générale Aminata Diallo, a détaillé plusieurs chantiers destinés à moderniser la protection sociale du pays et à la rapprocher des réalités économiques et sociales guinéennes. Parmi eux figurent l’ouverture du système aux travailleurs de l’économie informelle, le lancement de la couverture maladie universelle, la révision du cadre juridique et le développement d’un réseau d’infrastructures sanitaires.

Un système à réorienter vers l’informel

La responsable a rappelé que l’institution qu’elle dirige couvre aujourd’hui les fonctionnaires de l’État et les retraités, alors que l’essentiel de la population active se trouve en dehors de ce périmètre. « La majorité des travailleurs aujourd’hui, plus de 80 % des travailleurs qui sont en République de Guinée, ont évolué dans le secteur informel », a-t-elle indiqué, plaidant pour une extension de la couverture maladie et de la protection sociale afin d’appuyer l’action de l’État.

Cette réorientation est présentée comme une nécessité au regard des transformations économiques à venir. « Nous devons passer d’une protection sociale principalement centrée sur les travailleurs du secteur formel à un système capable de couvrir progressivement les travailleurs informels et les personnes vulnérables », a déclaré la Générale Aminata Diallo, qui relie cet objectif aux mutations liées au projet Simandou.

Cadre juridique, digitalisation et financements

Au-delà de l’élargissement des bénéficiaires, le portefeuille prévoit la refonte du cadre juridique, la numérisation de l’ensemble des organismes concernés et la recherche de ressources nouvelles. Sur ce dernier point, la directrice générale a évoqué la possibilité de mobiliser des financements innovants, notamment par le biais de taxes sur le tabac ou l’alcool, tout en précisant que le dispositif reste adossé au budget national de développement (BND).

La couverture maladie universelle inscrite dans la Constitution

La CNPS met en avant la couverture maladie universelle comme le projet le plus structurant de son portefeuille. La Générale Aminata Diallo a souligné son inscription dans la Constitution guinéenne, qu’elle présente comme inédite : « Aucun pays du monde n’a inscrit la couverture maladie universelle dans sa constitution. » Selon elle, l’enjeu est de garantir à la population l’accès aux soins sans exposer les ménages à un risque d’appauvrissement.

Le volet infrastructures accompagne cette ambition. La directrice générale a mentionné la construction de centres de diagnostic, d’imagerie et de dialyse, présentés comme un moyen de rapprocher le personnel de la caisse des assurés et de renforcer l’accès aux soins.

Les réformes exposées dessinent une trajectoire vers un système décrit comme plus ouvert et plus accessible. Leur mise en œuvre, leur calendrier et les montants engagés n’ont toutefois pas été précisés lors de cette présentation.