Le fonio, le riz, le maïs et un cheptel bovin de races étrangères occupent aujourd’hui une partie des journées de Diouldé Tané Diallo. Rien, dans ses débuts, ne laissait présager cette orientation. Originaire de Popodara, dans la préfecture de Labé, cet homme d’affaires a d’abord vécu les années 1990 comme commerçant ambulant, écumant les marchés avec ses marchandises. Il partage désormais son emploi du temps entre la ville et son village natal, où il a fait le choix d’investir dans la terre.
Un mentorat décisif
La rencontre avec feu Elhadj Mamadou Sylla, homme d’affaires guinéen, a marqué un tournant. Le commerçant débutant, alors dépourvu des moyens et des réseaux qu’il connaîtra plus tard, obtient la confiance de cette figure du monde des affaires. Il prend part à la commercialisation du riz à Madina, lors de l’arrivée des cargaisons, et effectue plusieurs déplacements à l’étranger rendus possibles par son mentor. Ces voyages lui ouvrent d’autres réalités et une compréhension des mécanismes économiques dépassant son environnement immédiat.
Surnommé à cette période « Diouldé Futurelec », en référence à l’école du même nom, il se retrouve peu à peu au contact de personnalités et de milieux que son point de départ ne semblait pas lui destiner.
Contrats publics et voyages officiels
L’accession au pouvoir du Général Sékouba Konaté constitue selon la source un second déclencheur. Durant cette période, Diouldé Tané Diallo bénéficie de plusieurs contrats commerciaux et participe à des voyages présidentiels à travers le monde. Ces déplacements élargissent son carnet d’adresses et le rapprochent de responsables de premier plan. L’expérience accumulée dans le commerce, au fil des voyages et des rencontres, se transforme alors en opportunités d’affaires.
Au cours des années suivantes, il fréquente plusieurs palais présidentiels de la sous-région ouest-africaine : gambien, sénégalais, ivoirien, sierra-léonais, nigérien, burkinabè et libérien. Il accompagne des chefs d’État lors de leurs déplacements et se retrouve aux côtés d’hommes d’affaires reconnus, parmi lesquels l’industriel nigérian Aliko Dangote. Cette proximité avec les milieux du pouvoir et des affaires renforce, indique la source, la confiance que lui accordent de hautes personnalités, dont le Général Mamadi Doumbouya, président de la République de Guinée.
Le retour vers le terroir
De ces expériences, Diouldé Tané Diallo tire une conviction : le savoir acquis auprès des grands décideurs n’a de valeur que traduit en projet concret au service de son environnement. Il décide alors de se tourner à nouveau vers ses origines. « Seule la terre ne ment pas », résume-t-il en substance à travers ce choix, selon la source.
À Popodara, il développe des activités agricoles et d’élevage. Son exploitation combine plusieurs cultures : riz, maïs, fonio, arachide, aubergine et pomme de terre. L’élevage bovin s’y ajoute, avec des animaux de races hollandaise, sud-africaine et brésilienne, ainsi qu’un élevage de poulets. Agriculture, élevage bovin et aviculture forment les trois piliers d’une entreprise rurale qu’il construit progressivement, avec l’ambition d’un modèle agro-industriel intégré.
Une action étendue à la Basse-Guinée
L’engagement de Diouldé Tané Diallo ne se limite pas à son village natal. Il porte aussi son attention sur la Basse-Guinée, région où il déclare avoir beaucoup appris. À Madinagbè, dans la sous-préfecture de Maférinyah, il s’est lancé dans la plantation de palmiers. À Hériko, préfecture de Forécariah, il s’investit dans la culture maraîchère. Ses activités agricoles s’étendent également à la préfecture de Boffa.
Selon la source, il se rend à Popodara deux à trois fois par mois pour observer ses champs, suivre son cheptel et superviser ses activités. Ces passages réguliers le maintiennent en lien avec son terroir, après un parcours qui l’a mené des marchés aux voyages internationaux et aux palais présidentiels.
Transmettre une expérience
Ce retour à la terre n’est présenté ni comme une rupture avec son passé ni comme un renoncement à ses activités professionnelles, mais comme une étape nouvelle. Au-delà de son propre capital, Diouldé Tané Diallo souhaite y apporter les méthodes découvertes au fil de ses déplacements et transmettre une partie de ce savoir aux communautés qui partagent son terroir. Son objectif affiché est de bâtir un outil capable de produire, de générer des emplois et de contribuer au développement économique local, à Popodara comme dans les zones de Basse-Guinée où il entreprend.