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Financements miniers, énergétiques et routiers : l’Assemblée nationale valide quatre conventions

Illustration éditoriale — rubrique Gouvernance

Les élus de l’Assemblée nationale se sont réunis le lundi 3 août 2026 pour une session extraordinaire consacrée à la validation de plusieurs textes financiers. À l’issue des débats, ils ont ratifié un ensemble d’ordonnances présidentielles et adopté un projet de loi d’habilitation. Ce dernier permet au Président de la République de prendre des ordonnances, dans le cadre fixé par la loi, durant la période où les parlementaires sont en congé.

Quatre conventions figurent au cœur de ces ratifications. Elles touchent des domaines différents : l’exploitation minière, le réseau routier, la production d’électricité d’origine solaire et l’interconnexion électrique régionale. La Commission des Lois, de l’Administration générale, de la Justice et des Droits de l’homme, chargée de présenter le rapport en séance, a insisté sur leur cohérence d’ensemble.

« Ces quatre instruments, bien que relevant de secteurs distincts – activité minière, infrastructures routières, production d’énergie solaire et interconnexion électrique régionale – traduisent une même dynamique de mobilisation de financements extérieurs au service des priorités de développement du pays », indique le rapport soumis aux députés.

Boffa : cap sur la transformation locale de la bauxite

La Convention minière amendée et consolidée, paraphée le 21 mai 2026, ouvre la deuxième phase du projet Boffa. Elle lie la République de Guinée à CHALCO Hong Kong Limited, CHALCO Guinea Company S.A., CHALCO Guinea Port S.A. et à la Société de Raffinerie. Le texte prévoit la mise en valeur des gisements de bauxite de Boffa Nord et de Boffa Sud, ainsi que l’implantation et l’exploitation d’une raffinerie d’alumine à Boffa.

Cette convention se substitue à celle signée initialement et la complète. Elle accompagne le passage d’une simple extraction vers une transformation sur place du minerai. La première étape, centrée sur l’extraction et l’exportation de bauxite brute, est déjà engagée.

Kamissaya : une facilité de plus de 187 millions d’euros

Les députés ont par ailleurs autorisé la ratification de l’Accord de Facilité réunissant la Guinée, un groupe de banques internationales et Bpifrance Assurance Export. Objectif : financer la centrale solaire photovoltaïque de Kamissaya, dont la puissance atteindra 50 MWc, avec les ouvrages de transport associés.

Le montant de la facilité mise à disposition de l’État s’élève au maximum à 187 120 667,92 euros. Cette somme doit couvrir uniquement le contrat EPC+F conclu le 25 janvier 2025 avec un groupement dirigé par VINCI Energies, dont la valeur totale s’établit à 192 598 396,43 euros. D’après le rapport, ce montage relève des dispositifs internationaux d’appui aux exportations qui servent à financer des équipements énergétiques jugés stratégiques.

La RN29 rattachée au programme SIMANDOU 2040

Autre convention validée : l’Accord de Facilité à Durée Couverte de la CESCE, destiné aux travaux de construction et de bitumage de la Route nationale RN29 entre Faranah et Dabola, sur 106 kilomètres. Le financement repose sur un ensemble de banques emmené par Deutsche Bank S.A.E.U. La CESCE apporte une garantie qui prend en charge 99 % des risques d’ordre politique et commercial.

L’exécution du chantier revient à Propav Infraestructuras S.L., dans le cadre d’un contrat d’exportation signé le 8 avril 2025. Qualifié de projet d’intérêt national, l’ouvrage doit améliorer la desserte de la Haute-Guinée et renforcer l’intégration du territoire. Il est présenté comme un appui au déroulement du programme SIMANDOU 2040, à travers la fluidité des échanges et le déplacement des habitants.

Un prêt et un don du Fonds africain de développement

Deux autres ordonnances ratifiées concernent le Fonds africain de développement (FAD). La première porte sur un prêt additionnel de 16 250 000 unités de compte (UC), conçu pour prolonger la mise en œuvre du projet. La seconde correspond à un protocole d’accord de don additionnel signé avec le FAD par l’intermédiaire de son Guichet d’Action Climatique, d’un montant de 2 800 000 UC. Ce don doit contribuer au volet climatique du projet et au développement d’infrastructures énergétiques durables.

Ces ratifications avaient aussi été présentées comme incluant les accords de financement additionnel du projet d’interconnexion électrique 225 kV Guinée-Mali (FA-PIEGM-Guinée) et une convention de crédit signée avec un consortium bancaire mené par Deutsche Bank AG et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank pour un projet intégré de production et de transport d’électricité. Par l’ensemble de ces votes, l’Assemblée nationale entend appuyer des mécanismes de financement au service des mines, de l’énergie et des infrastructures.