Une rencontre consacrée aux perspectives de la finance islamique s’est tenue le mercredi 12 août 2026 dans l’agence de Coris Bank Internationale Guinée située à Kipé, à Conakry. Autour de la table, des intervenants ont défendu une même idée : ce modèle financier ne se réduit pas à une appartenance religieuse et s’ouvre à l’ensemble des acteurs économiques du pays.
Un modèle présenté comme universel
Invité à partager son expertise, Dr Abdessattar Khouildi préside le Conseil de conformité interne de Coris Bank Internationale. Venu en Guinée pour encadrer certaines activités du secteur, il a détaillé les principes et les mécanismes qui régissent cette finance. Son message a d’abord porté sur une idée reçue à corriger : ce système n’est pas réservé aux seuls musulmans.
« La finance islamique s’adresse à tout le monde », a-t-il souligné.
L’expert a rappelé que ce modèle repose sur des règles spécifiques et des exigences éthiques, tout en restant accessible à tous les opérateurs. Il a insisté sur la place qu’y occupent les petites et moyennes entreprises, qui peuvent recourir à plusieurs types de solutions : financement du fonds de roulement, achat de marchandises ou acquisition d’équipements. Autant de leviers destinés, selon lui, à soutenir la croissance et la consolidation des activités.
Des défis identifiés
Dr Khouildi n’a pas éludé les obstacles. Il a évoqué la nécessité de maîtriser l’environnement économique local, de bien cibler la clientèle et de concevoir des produits réellement ajustés aux attentes des entreprises. À ses yeux, l’innovation reste une condition pour que le secteur suive les mutations du marché.
La question du respect des règles occupe une place centrale dans ce dispositif. L’expert a expliqué que les établissements spécialisés s’appuient sur des mécanismes qui valident les produits en amont, examinent les opérations et en assurent le suivi grâce à des contrôles et à des audits. Ce cadre vise à consolider la confiance des clients, tant pour la gestion des dépôts que pour les financements.
Baraka, une fenêtre et non une banque à part
Fatoumata Bah, responsable de Coris Bank Internationale Guinée, a clarifié le statut de Baraka. Loin de constituer un établissement autonome, il s’agit d’une fenêtre spécialisée de la banque, dédiée aux produits et services conformes aux principes de la Charia.
« Nous offrons des produits à des particuliers, des entreprises, des PME, des PMI et des associations », a-t-elle expliqué.
Parmi les offres phares figurent la Mourabaha et l’Ijara, auxquelles s’ajoutent les comptes Wadiah, ouverts aux particuliers comme aux entreprises. Un conseil de conformité interne valide les contrats et les produits avant toute mise sur le marché.
Comment ouvrir un compte
Les personnes intéressées peuvent se rendre dans les agences du réseau, présentes à Conakry et à l’intérieur du pays, pour souscrire un compte Baraka. Pour un particulier, le dossier réunit deux photos, une copie de la pièce d’identité, un justificatif de résidence ainsi qu’un dépôt initial dont le montant varie selon la formule retenue. Les entreprises doivent, quant à elles, joindre des pièces supplémentaires liées à leur forme juridique.
La responsable a de nouveau écarté toute lecture confessionnelle du dispositif :
« Il ne faut pas confondre la finance islamique en pensant que c’est un truc qui est destiné seulement aux musulmans. La finance islamique, Baraka est là pour tout le monde », a-t-elle affirmé.
Des échanges salués
Présent à la rencontre, Dr Mamadou Tafsir Baldé, représentant de SONOCO WAQF, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des débats et des réponses apportées aux interrogations des participants. Il y a vu un encouragement supplémentaire pour ceux qui souhaitent développer ce secteur en Guinée et a invité les personnes encore hésitantes à examiner de plus près les solutions de Coris Bank Baraka.
À travers cette réunion, l’établissement affiche l’ambition de mieux faire comprendre les rouages de la finance islamique. Financement des entreprises, appui aux PME, produits pour les particuliers, exigence de conformité : les intervenants ont dessiné les contours d’une finance qu’ils présentent comme éthique, accessible et alignée sur les besoins de l’économie guinéenne.