Plutôt que d’attendre les jeunes dans ses centres, l’administration guinéenne de la formation professionnelle a choisi d’apporter l’enseignement là où il manque. C’est le principe de l’Unité Mobile de Formation (UMF), lancée le mercredi 12 août au terrain de Nongo Centre, dans la commune de Lambanyi. Le dispositif a été mis en place par le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENA-ETFP), via sa Direction Nationale de l’Apprentissage et des Formations Professionnelles Post-Primaire et Post-Secondaire (DNAFPPPPS).
L’initiative bénéficie du soutien de l’UNICEF-Guinée et de l’appui de l’Office National de Formation et de Perfectionnement Professionnels (ONFPP). Elle est présentée comme une déclinaison du programme Simandou 2040, dans son volet consacré au capital humain et à la qualification de la jeunesse.
Une première cohorte de 41 jeunes
Pour cette session inaugurale, 41 jeunes ont été retenus : 25 se forment à l’électricité bâtiment et 16 à la plomberie sanitaire. L’apprentissage repose sur une méthode pratique désignée sous le nom de « chantier-école ».
Le Directeur national de l’apprentissage, Mamadou Hassimiou Souaré, a détaillé le contenu concret de cette approche. Les apprenants interviendront directement sur des installations réelles : électrification et réparation de salles de classe à l’école de Nongo, remise en état des toilettes et latrines de l’école de Gbessia. « Le premier pas vers l’emploi, c’est la formation », a-t-il rappelé, en insistant sur la volonté de rapprocher l’offre des principaux demandeurs. Selon lui, l’unité doit permettre de se déployer dans des zones qui ne disposent pas de centres d’apprentissage et de faciliter, à terme, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes formés.
Répondre à la question des jeunes hors du système
Du côté de l’UNICEF, Lisa Kim, Manager de la section éducation et protection en Guinée, a situé l’action dans un contexte plus large : celui des jeunes qui se trouvent en dehors du système éducatif et professionnel. Elle a évoqué la catégorie des NEET, ces adolescents « qui ne sont ni scolarisés, ni employés, ni en formation professionnelle », pour lesquels la formation aux métiers représente une voie de réinsertion.
Elle a précisé les circonstances de l’intervention de l’organisation : « C’est pour prévenir pareille éventualité que l’UNICEF, en réponse à la sollicitation de Madame la ministre, a mis à disposition du ministère de l’Enseignement technique une unité mobile de formation, spécialisée dans les métiers industriels comme la chaudronnerie ou la soudure. »
Un dispositif pensé pour tout le territoire
Le Secrétaire général du département, Dr Julien Bongono, a rappelé le caractère inédit de l’outil, dont la caravane démarre par Conakry. Il en a résumé l’ambition : rendre la formation accessible et renverser la logique habituelle. « Il ne faut pas seulement attendre que les jeunes viennent vers les établissements d’enseignement technique ou scolaires tout simplement, mais que, pour une fois, la formation aille vers les jeunes, où qu’ils se trouvent sur toute l’étendue du territoire », a-t-il déclaré.
Il a rattaché explicitement cette démarche à Simandou 2040, en la présentant comme un instrument de territorialisation. Selon lui, l’unité mobile remplit deux fonctions : rendre la formation accessible partout et adapter les contenus aux besoins locaux. Il l’inscrit dans les objectifs de Simandou Academy, composante du programme.
Avec cette phase pilote conakryenne, le MENA-ETFP annonce préparer un déploiement progressif des Unités Mobiles de Formation dans les différentes régions, selon les besoins propres à chaque territoire.