Le quartier Nadhel, a environ 8 km du centre de Labe, a accueilli le dimanche 9 aout 2026 la pose de la premiere pierre d’un musee regional et d’un centre culturel. La ceremonie a ete presidee par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moise Sylla, en presence des autorites administratives, de cadres du departement et de citoyens.
Ce chantier ne constitue pas une operation isolee. Il est presente par le ministre comme un element d’un programme gouvernemental destine a doter les regions administratives de la Guinee d’equipements culturels, dans une logique de decentralisation et de valorisation de la memoire collective.
Un reseau de musees repartis sur le territoire
Selon le ministre, l’initiative depasse largement Labe et concerne plusieurs regions, avec un choix des sites motive par leur pertinence historique. Il a cite Kankan, Faranah, N’Zerekore, Boke et Kindia parmi les localites concernees, ainsi que Niani.
Le cas de Niani illustre cette attention portee a l’Histoire : le projet initialement prevu a Siguiri a ete transfere vers Niani. Le ministre a justifie ce deplacement par le poids historique de l’empire du Mali.
“J’aimerais preciser que pour ces musees, celui de Labe, comme ceux de Kankan, de Faranah ou de N’Zerekore, s’inscrivent dans une vision globale. […] Ces musees seront le receptacle de tout ce qu’il y a de vivant en termes de patrimoine, appartenant a l’ensemble des communautes qui composent ces regions”, a declare Moussa Moise Sylla.
Un equipement pour toute la Moyenne-Guinee
Le futur musee de Labe n’a pas vocation a representer la seule commune urbaine, mais l’ensemble de la Moyenne-Guinee. Le ministre a precise qu’on devra y retrouver des elements de Tougue, Lelouma, Koubia et Mali, ce qui justifie selon lui son caractere regional.
Au-dela de la construction, il a insiste sur la dimension scientifique et sur la gestion de ces etablissements. Un modele economique et des modeles de gestion ont, selon lui, ete etablis pour l’ensemble des musees, et un travail de fond a debute au niveau du ministere.
“Au-dela des batiments qui vont sortir de terre, il faut comprendre qu’un musee, c’est beaucoup plus le contenu que le contenant”, a affirme le ministre.
La culture comme investissement
Dans son allocution, Moussa Moise Sylla a appele a la reappropriation de l’Histoire guinienne, en assumant l’ensemble de ses facettes. Il a defendu l’idee que la culture ne represente plus une depense mais un investissement, et a salue la prestation de l’orchestre local Kolima Jazz lors de la ceremonie.
Le ministre a plaide pour une valorisation de la memoire nationale sans occultation. Il a estime que les bonnes comme les mauvaises facettes du passe constituent une memoire collective a proteger, et que l’histoire des resistances fait partie de l’identite du pays.