Quatre ans après sa relance, la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée (CCIAG) place l’un des siens à un poste de dimension continentale. Son président, Elhadj Mamadou Baldé, vient d’être élu vice-président du Conseil exécutif de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie (PACCI) au titre de l’Afrique de l’Ouest, pour un mandat courant de 2026 à 2028. Entouré de directeurs et de conseillers, il s’en est expliqué lors d’un point de presse tenu ce lundi 10 août au siège de l’institution, à Kaloum.
Un scrutin en ligne, un vote à Fès
Le dirigeant guinéen a exposé le déroulement du vote qui l’a porté à cette fonction. Trois candidatures avaient été validées par le bureau central de la PACCI, tandis que les autres zones du continent — Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord — présentaient également leurs prétendants. Le scrutin s’est tenu par voie électronique, chaque président de chambre nationale disposant d’un lien pour désigner son choix.
L’assemblée générale, réunie à Fès au Maroc, rassemblait l’ensemble des pays africains et s’ouvrait à d’autres partenaires, dont la Banque mondiale et l’Assemblée internationale de commerce. « La chambre de commerce de Guinée était très heureuse d’être victorieuse à cette élection à 77% de voix pour être élue président pour la sous-région ouest africaine », a rapporté Elhadj Mamadou Baldé.
Ce que la PACCI peut apporter au secteur privé guinéen
Basée à Addis-Abeba, en Éthiopie, la PACCI est une organisation non gouvernementale indépendante, mise sur pied en 2009. Elle regroupe 51 organisations membres réparties dans 42 pays. Selon la CCIAG, l’accès à son Conseil exécutif ouvre plusieurs perspectives pour les opérateurs guinéens :
- une meilleure visibilité des entreprises et des occasions d’investissement présentes en Guinée ;
- le développement des liens d’affaires entre acteurs économiques guinéens et africains ;
- un rapprochement accru entre chambres de commerce du continent ;
- un accès facilité des entreprises guinéennes aux marchés africains ;
- un accompagnement dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La PACCI, qui compte dix-sept années d’existence, œuvre plus largement à la promotion des échanges et des investissements entre pays africains, au renforcement de la coopération consulaire et au soutien de la participation du secteur privé au processus d’intégration économique du continent.
Le bilan d’une institution relancée
Elhadj Mamadou Baldé a rappelé le contexte de la renaissance de la CCIAG, absente pendant dix-neuf ans avant sa remise en place. « Le président a cru au secteur privé. Lui et le gouvernement ont accordé une confiance, une approche, un accompagnement au secteur privé guinéen en mettant en place la chambre de commerce d’industrie d’artisanat de Guinée, après 19 ans d’absence », a-t-il déclaré, en associant à cet hommage le chef de l’État et le gouvernement.
Il a présenté cette relance comme l’une des premières décisions prises après l’arrivée du CNRD au pouvoir, la chambre étant appelée à servir de passerelle entre l’État et les acteurs privés. En quatre années d’activité, l’institution revendique une montée en représentativité aux échelles nationale, sous-régionale et internationale.
Parmi les chantiers menés par le bureau actuel, il a cité la réorganisation du fonctionnement du secteur privé, la remise en ordre des antennes régionales et préfectorales, ainsi que la formalisation de plusieurs branches d’activité. La CCIAG a par ailleurs rejoint plusieurs réseaux consulaires : la Fédération ouest-africaine des chambres de commerce (FEWASI), la chambre islamique de commerce — dont elle siège désormais au conseil d’administration —, et la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF). Elle a également ouvert, il y a près d’un an, son premier bureau consulaire à l’étranger, aux États-Unis.
Une reconnaissance présentée comme collective
Pour le président de la CCIAG, cette élection dépasse sa seule personne. « Cet acquis c’est l’acquis de tous les secteurs privés guinéens », a-t-il affirmé, rendant hommage au président Mamadi Doumbouya et au gouvernement pour la confiance accordée à l’institution. Il a présenté le poste comme un mandat de deux ans exercé au nom de la sous-région ouest-africaine.