Économie & investissements

L’AGUIPE-E intègre l’accompagnement entrepreneurial à son offre après un programme pilote pour 300 jeunes

Illustration éditoriale — rubrique Économie

La remise des attestations à environ 300 entrepreneurs, organisée le mercredi 5 août 2026 par l’AGUIPE-E (Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat), placée sous la tutelle du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, a été présentée par ses responsables comme davantage qu’une clôture de programme. Selon eux, l’opération marque l’ancrage d’un nouveau service au sein de l’agence.

Le dispositif a été mis en œuvre grâce au programme « FIERE » d’Enabel et à l’appui technique du consortium Fanaka & Co et Dream for Africa. Il visait les porteurs de projets et les jeunes NEET, c’est-à-dire sans emploi, ni études, ni formation, et a couvert Conakry, Kindia et Mamou.

Un pilote présenté comme la construction d’un système

Le directeur général adjoint de l’AGUIPE-E, Abdullah Konaté, a détaillé les chiffres du programme : 292 jeunes accompagnés, dont 148 NEET et 144 porteurs de projets. Il a mis en avant les moyens mobilisés en interne : 26 conseillers de l’agence outillés, 42 outils méthodologiques adaptés au contexte guinéen et un référentiel opérationnel qualifié d’inédit.

« Nous n’avons pas seulement accompagné des jeunes : nous avons bâti un système », a déclaré Abdullah Konaté, en précisant que l’ambition est de « faire de l’accompagnement entrepreneurial un service permanent de l’AGUIPE-E ».

Pour Enabel, dont la collaboration avec la Guinée s’étend sur plus d’une décennie selon son représentant Said Karmaoui, les résultats confirment la démarche. Il a fait état de près de 300 jeunes bénéficiaires en moins d’un an et d’un taux de réalisation de 97 % des objectifs fixés, avec un accompagnement mené de la phase d’idéation jusqu’à la formalisation et à la préparation des projets. Il a insisté sur le rôle des 26 conseillers de l’agence, présentés comme la « garantie de durabilité » du dispositif.

La parole des bénéficiaires

Au nom des 300 récipiendaires, Aboubacar Diallo a remercié les autorités guinéennes, à commencer par le chef de l’État, et salué la qualité de la formation et des formateurs. Il a annoncé la volonté des bénéficiaires de passer de la théorie à la pratique.

« Nous mettrons en pratique les compétences acquises avec sérieux, responsabilité et détermination », a assuré Aboubacar Diallo.

Un dispositif rattaché aux ambitions économiques nationales

Le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises, Aboubacar Kourouma, a inscrit le programme dans un objectif plus large. Il a décrit une visée dépassant l’accompagnement de quelques centaines de jeunes : combler ce qu’il a appelé un « vide institutionnel » et jeter les bases d’un mécanisme national permettant de passer de l’idée au projet, puis du projet à l’entreprise. Il a rappelé que le chômage et le sous-emploi demeurent des défis majeurs pour le pays.

La source relie par ailleurs ces efforts de formation à la volonté des autorités de transformer la Guinée en pôle économique à travers le programme Simandou 2040, la formation des jeunes étant présentée comme un vecteur de développement.

Intervenant au nom du Premier ministre, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a remercié Enabel et insisté sur la nécessité d’une action gouvernementale coordonnée. Il a filé une comparaison sportive pour appuyer son propos sur la complémentarité entre ministères.

« Ce satisfecit n’est pas une ligne d’arrivée, c’est une ligne de départ », a lancé Lansana Béa Diallo aux récipiendaires, les assurant que le gouvernement serait à leurs côtés.

Le ministre a également salué le travail de son collègue de l’Emploi et rappelé son parcours dans la boxe pour illustrer l’importance de la persévérance face à l’échec, avant d’assurer que son département resterait « un partenaire de toutes les initiatives qui permettent aux jeunes de développer leur potentiel ».